La ligne Chartres-Bordeaux Saint Jean. Par Château du Loir et Chenu.

Viviane D. vous raconte

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Dimanche d’hiver. Mais pour cette fois, sans cette pluie tenace qui vous glace jusqu’aux os. La grisaille est tombée sur la ville comme une chape de plomb et malgré cela, mon acolyte et moi décidons de maintenir notre sortie.

En effet, David est un fin connaisseur du patrimoine sarthois et notamment celui des anciennes voies ferrées du département. Et comme j’adore les trains et les chemins de fer, nous voilà partis.

Direction Château-du-Loir, aux limites du Maine angevin et de la Touraine, où David me fait découvrir une portion de la ligne de chemin de fer reliant Chartres à Bordeaux, aujourd’hui partiellement déclassée et oubliée.

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Pour la petite histoire :

La SNCF ne fut pas tout de suite propriétaire de la ligne. En effet, la génèse de la ligne a été très complexe car elle a été constituée par le reclassement et la mise bout à bout de chemins de fer concédés à diverses compagnies, parfois à titre d’intérêt général mais souvent à titre d’intérêt local. Les difficultés financières de ces compagnies (la compagnie des chemins de fer des Charentes par exemple), ont conduit à leur rachat par l’Etat qui en a finalement confié l’exploitation à son administration.

La ligne Bordeaux-Saint-Jean à Chartres fait partie du réseau exploité par les Chemins de Fer de l’Etat jusqu’en 1938 et sa reprise par la SNCF.

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L’une des caractéristiques de cette ligne était que les trains pouvaient se ravitailler en eau durant le trajet et cela sans marquer l’arrêt ! Eh oui, les locomotives étaient à vapeur ! En divers points kilométriques (3 pour être précise) les loco passaient, sur une portion de 400 m environ, sur l’entrevoie où était creusé un canal et en abaissant une écope, elles y puisaient l’eau propulsée par la vitesse dans une canalisation reliée au tender. Ingénieux système qui permettait de gagner de précieuses minutes sur le temps de trajet. Et de refroidir ainsi la chaudière….

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Aujourd’hui, l’exploitation en service voyageurs est limitée à 3 sections non directement reliées entre elles. Elles sont surtout empruntées par les TER locaux. Certaines portions sont utilisées en délestage et non plus pour le trafic du fret qui continue sur les lignes dédiées aux voyageurs. D’autres encore ne sont plus utilisées que par des trains de marchandises comme de Château du Loir à Chenu.

Remercions David et Wikipédia pour ces éclaircissements !

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Nous avons marché le long des voies, sous le ciel bleu et dans l’air chauffé par le soleil. Dans le calme, presque recueillis tous les 2, David me donnait des explications. Moi qui aime bien les guides pour le savoir dont ils nous abreuvent lors des visites, j’avais les yeux rivés sur les rails et l’oreille tendue, avide d’en apprendre plus sur la petite histoire qui constitue notre patrimoine ferroviaire.

Parfois, j’avais l’impression d’être dans un western. Je m’attendais presque à voir le panache de fumée sortant de la locomotive, entendre le sifflet strident du conducteur du train et les youhou des vilains cow-boys qui tenteraient de détrousser la diligence à vapeur !!! Ils auraient tendu l’embuscade sous le vieux pont de métal qui enjambe le Loir. Toujours aussi solide malgré les années, rouillé certes, mais majestueux.

Ah ces rails aux couleurs d’automne qui s’étendent dans un parallélisme parfait vers leur destination ! Bordés d’arbres dénudés, le chemin mène à Bordeaux ou à Chartres. Suivant le sens bien sûr…

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Nous sommes partis vers Chenu, l’ancienne gare. Après une petite marche sportive, nous voilà au pied du grand viaduc. Imposant. De pierre, de bois et de métal, il fut emprunté des années durant par les locomotives, offrant un panorama somptueux sur la vallée aux voyageurs de l’époque.

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Bien que sujette au vertige, je me suis aventurée sur le viaduc. Solide, je vous dis ! Cela n’empêche que, de manière tout à fait irrationnelle, j’avais la trouille. Mais la vue console de tout, même de la peur des hauteurs. Nous avons profité ainsi du coucher du soleil dans cette douce vallée de la Sarthe, sur ce viaduc où les années ont laissé des traces visibles, couleur de rouille.

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La besace pleine de photos, le coeur léger, nous prenons la route du retour. Avec l’envie de revenir très vite explorer la richesse de notre patrimoine ferroviaire sarthois.

Notes explicatives : David Busson et Wikipedia.

Photos : Viviane Delem

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