Tribulations d’une bobo-parisienne à l’assaut du Mans. (Chapitre 1)

Azahel Vienne partage avec nous son expérience du Mans. Un beau témoignage à suivre au fil des semaines.

Parisienne pur jus, au rythme effréné de mon travail de journaliste dans les quotidiens, habitante intra-muros depuis toujours, je pensais ne jamais quitter la capitale.

J’avais ce rire moqueur à l’égard de mes amis et confrères ou encore camarades d’études, qui un à un fuyaient Paris pour la province.

A peine débarqués dans l’Ouest, le Nord ou le Sud de la France, mes fréquentations ex parisiennes avaient droit aux plaisanteries un tantinet condescendantes de leurs pairs ainsi que de ma personne restée agrippée à mon terrier de 45m2 dans le fief d’Anne Hidalgo.

Les problèmes se sont alors accumulés. Perte d’emploi, décès de plusieurs proches, précarité financière… autant de raison de prendre l’air. Je suffoquais soudain dans ma ville natale où tout me rappelait mes échecs et déconvenues.

A l’occasion d’un héritage survenant alors, j’ai pris la décision de faire le grand saut.

Il fallait fuir Paris, cela devenait urgent, vital, salutaire, cela s’imposait à moi brutalement.

Mon entourage me dit alors « si tu veux quitter Paris, le mieux est l’Ouest ». Chacun de mes proches et relations me parlaient des fameuses villes de l’Ouest connues pour leur fort potentiel. Mon frère qui travaille dans l’urbanisme ainsi que mon oncle dans l’architecture et mon père, parisien mais prof à Angers, ont fini par me convaincre. Ce serait Le Mans.

Ma première visite dans cette ville a été le déclencheur d’achat de mon appartement.

A l’arrivée du train, je suis sortie gare Sud où un agent immobilier m’attendait.

Comme il avait un peu de retard, je me suis assise en terrasse. Il faisait un temps magnifique, une météo limpide comme il n’existe plus à Paris. Un ciel bleu Cyan et une qualité de l’air que je n’avais pas humée depuis mes dernières vacances, lesquelles remontaient à très loin.

Voilà l’impression que j’ai eue : pouvoir me poser pour des vacances à durée indéterminée.

J’étais assise à cette terrasse, les lunettes de soleil aidant à affronter ce temps splendide, m’étant délestée de 2 petits euros pour un coca qui m’aurait couté le double à Paris Montparnasse. J’ai eu ce sentiment d’apaisement qu’on a quand on pense à l’avenir avec quiétude.

Une page de ma vie était en train de se tourner, je le savais. Mais pour l’instant, je ne faisais que profiter de ce moment.

Puis il y a eu les visites. L’agent immobilier m’a fait visiter 4 appartements ce jour-là.

Le coup de cœur pour un loft donnant sur les toits d’un enfilement de mancelles dans le quartier le plus calme de la ville et très proche du centre a achevé de me convaincre. J’ai signé.

Un an et demi plus tard, me voilà écrire dans ce blog sarthois, depuis mon bureau installé au centre de mon appartement. C’est le matin, il est 10 heures, le temps est splendide et j’ai dû baisser les stores pour voir l’écran de mon mac. Le soleil tape et bien que stores baissés, donnant plein Sud, l’appartement est lumineux. J’ai pris l’habitude du calme olympien de ma rue. Je profite de cet instant, je me remémore ce que j’ai quitté. Pour rien au monde, je ne retournerai dans cette folie parisienne.

Nous ne savons pas quel avenir nous attend, nous, les bobos parisiens qui faisons le grand saut, car c’en est un, de quitter la ville Lumière.

Mais nous apprenons très vite que ce sera une aventure enrichissante car rien n’est pareil, tout est à découvrir. Pour la journaliste que je suis, qui comme chaque journaliste a la curiosité et la soif d’apprendre, de comprendre le monde qui nous entoure, l’expérience de la vie en province est, je le comprends maintenant, un voyage indispensable.

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